Equipe AGC

Equipe 2 : Andrologie, Génétique et Cancer

L’équipe « Andrologie » s’intéresse à plusieurs aspects du vieillissement de la fonction reproductive et urinaire de l’homme.

Si le vieillissement de l’homme et de la femme est globalement identique, la durée de la fonction reproductive se révèle d’une grande inégalité entre les deux sexes : chez l’homme, la spermatogénèse, bien que s’altérant nettement avec l’âge, reste active tout le long de la vie, contrairement à la femme où la fonction reproductive se tarie à partir de quarante ans. Le changement radical de la place de la femme dans notre société a eu pour conséquence le recul constant de l'âge moyen de la première grossesse, qui vient de passer les 30 ans en 2011, entraînant de facto une augmentation de l’âge moyen du père. Le vieillissement chez l’homme entraine en particulier un dérèglement du stress oxydatif qui est un élément important de la physiologie spermatique. Une activité oxydative est nécessaire à la compaction finale de l’ADN durant la maturation épididymaire mais son excès entraine des dommages oxydatifs à l’origine d’altérations sévères de la qualité des spermatozoïdes et de leur pouvoir reproductif. Plusieurs études récentes ont montrés que le nombre de spermatozoïdes ainsi que leur mobilité diminue nettement après 40 ans, le testicule subit donc une lente détérioration et la spermatogénèse s’altère au cours de la vie.

Le « vieillissement » reproductif a donc des répercussions importantes sur la fertilité du couple qui entraine un recours important aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA) : en France, 2% des enfants sont maintenant conçus grâce à la PMA. De manière générale, le taux de succès des techniques de PMA est médiocre et la plupart des couples doivent bénéficier de plusieurs tentatives pour espérer initier une grossesse. Il existe donc un besoin fort d’amélioration de ces techniques afin de limiter l’impact financier de cette prise en charge et surtout de diminuer le nombre d’échecs reproductifs.

Parallèlement à ces perturbations andrologiques, le vieillissement peut s’accompagner de pathologies urinaires associées comme le cancer de la vessie.  Ce type de tumeur est la cause d’une mortalité importante (environ 145000 décès par an dans le monde), présente un fort taux de récidive et est peu chimio-sensible vis-à-vis des médicaments disponibles actuellement. Même si le diagnostic s’améliore,  il demeure essentiel de pouvoir disposer de nouveaux candidats médicaments afin de compléter et améliorer l’arsenal thérapeutique.

Objectifs principaux

Ils visent à améliorer l’efficacité des techniques de PMA et à  développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour cela notre programme de recherche s’étend de la recherche la plus fondamentale à plus appliquée et nous développons quatre thématiques indépendantes mais complémentaires :

  1. Recherche des gènes impliqués dans des syndromes d’infertilité masculine. La fonction des gènes identifiés est ensuite caractérisée ainsi que leur physiopathologie. Nous avons pu identifier 3 nouveaux gènes dont l’altération moléculaire entraine une infertilité masculine.
  2. Importance des lipides spermatiques dans le développement embryonnaire précoce et impact de la péroxydation des lipides spermatiques au cours du vieillissement sur la fécondance du spermatozoïde.
  3. Mise au point de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant d’améliorer les techniques de PMA. Deux stratégies sont en cours : sélection des spermatozoïdes en fonction de leur statut lipidique et Criblage de banques de molécules pour l’identification de molécules permettant une meilleur mobilité et fécondabilité des spermatozoïdes.
  4. Recherche et identification de nouvelles cibles thérapeutiques dans le cancer vésical humain, pathologie de l’adulte senior, 3 fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme. Les candidats privilégiés sont les dérivés synthétiques de flavonoïdes ainsi que de nouvelles alternatives aux métaux nobles dans les complexes métalliques biologiquement actifs.